La Maladie Alcoolique (Envoi à Partage le 05.02.09.)

Publié le par Robert Denice

Identifier ma « maladie ».                                        (Envoi à Partage le 05.02.09.)

 

Il s'agit là de ma maladie alcoolique, qui, bien qu'étant le résultat des conséquences de troubles divers,

Dû eux-mêmes à une trop fragile construction de mon « moi intérieur », durant mes débuts dans la vie et  mon enfance, il n'en restait pas moins, quelle faisait partie de cette vie que j'avais autant construite que détruite. Que me restait-il à faire pour me sortir de cet engrenage destructeur ?...

 

Après une trop longue période de dénie, l'évidence est venue d'elle-même, précipité dans le gouffre de la folie, devenu incapable de gérer quoi que ce soit, n'étant plus maître de mon fonctionnement, ayant recherché la mort, solution de l'extrême, le réveil m'est venu en psychiatrie, la médecine du corps et de l'esprit, m'offrait cette possibilité du retour à la vie.

 

Puis, pour consolider cette trop grande complexité de ma maladie, les Alcooliques Anonymes se sont présentés sur mon chemin, des femmes et des hommes dans la même situation que moi, mais qui avaient retrouvé la direction de l'équilibre, sans faire usage de produit nocif à leur santé, tant physique que mentale.

 

Les membres de cette association se présentaient, tour à tour, et ajoutaient à leur prénom, cette formule :      «  je suis alcoolique », non comme une formule initiatique à une quelconque secte, mais comme                 une acceptation et une véritable reconnaissance d'avoir cette maladie, et de fait, pouvoir la prendre en main et, sinon la guérir, au moins la soigner, si le mot guérison est trop difficile à dire, pour un alcoolique,     ( les expériences du passé, avec multitudes d'échecs et de rechutes ne le souhaitant pas), il y avait tout de même bon nombre de ces gens « malades » stabilisés, de nouveau heureux , en harmonie avec eux-mêmes, et ce depuis plusieurs années...

 

J'ai donc, comme eux, accepté de me nommer « alcoolique », même, si je ne le souhaitais pas profondément, ce nom m'évoquait trop, une salissure, un fardeau de honte et de gêne, mais au fil des réunions, je me suis reconnu dans les « désordres mentaux » qu'expliquaient ceux-là même qui avaient souffert et avaient reconstruit une vie saine et équilibrée.

Depuis, (avec un petit acquit de modestie), après avoir pu m'identifier aux autres, dans le mal-être et le mieux être, se sont succédées 27 années de reconstructions effectives, et de joie de vivre, par touches d'un jour à la fois, dans une possible métamorphose, à laquelle j'étais très loin de pouvoir prétendre.

 

L'alcool était un remède pour me soigner des  troubles, qui étaient complètement imprégnés dans mon être, insidieusement, le mélange des troubles et du produit, avaient construit cette « bombe destructrice »...

Me donner l'identité « d'alcoolique » m'a permis de la désamorcer et de stabiliser ma vie.

                                                                                                                                               Robert de Nice.

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LP 27/05/2009 00:09

Le premier mot sussuré devient un jour - grâce à l'identification et aux mots d'autour des tables - évidence et permet de franchir l'immense obstacle du déni. Et là, tout devient possible.